Trois semaines après la présentation de Fagot de clarinettes d'Arman, à l'espace Brassens de Mantes-la-Jolie, le Centre Pompidou poursuit l'opération « 1 Jour, 1 OEuvre », dans le cadre de son plan d'action territoriale. Mercredi 5 décembre, Ariane Coulondre, conservatrice au Centre Pompidou, présentera l'oeuvre Au cycliste de Jean Hélion à la gare SNCF d'Ermont-Eaubonne. Comme le propose le format de « 1 Jour, 1 OEuvre », cela se fera en dialogue avec le public et un atelier permettra de découvrir de façon ludique l'oeuvre de l'artiste.
« 1 Jour, 1 OEuvre » offre la possibilité de découvrir près de chez soi une oeuvre originale et majeure de l’art moderne et contemporain. Cette opération hors les murs s’inscrit dans la mission de diffusion, d’éducation et de sensibilisation artistique du Centre Pompidou.
Avec 5 248 oeuvres prêtées en 2017, dont 3 383 en France - soit 64 % - le Centre Pompidou est l’un des musées les plus généreux en matière de prêts d’oeuvres sur le territoire. Plus de 5 100 oeuvres de sa collection sont également déposées dans des musées en région. En 2017, à l'occasion de son 40e anniversaire, le Centre Pompidou a proposé 65 manifestations partout en France, co-construites avec 75 acteurs culturels locaux (musées, centres d’art, scènes de spectacle, festivals…). Le Centre Pompidou a décidé d'entretenir cet élan et de continuer à tisser des relations durables avec les acteurs culturels implantés sur le territoire français. Depuis le début de l’année, le Centre Pompidou s’est donc investi dans une démarche d’action territoriale renforcée, en cohérence avec les priorités gouvernementales, et en particulier avec le plan « Culture près de chez vous » du Ministère de la Culture. L’objectif est de développer des actions à même de toucher des publics qui ne disposent pas d’un accès immédiat à la culture.
« 1 Jour, 1 OEuvre » à venir :
Janvier 2019 : Tribunal de Grande Instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis)
« 1 Jour, 1 OEuvre » passés :
9 juin : Centre commercial Qwartz (Villeneuve-la-Garenne), En Chine, à Hu-Xian de Gérard Fromanger
20 juin: Hôpital Robert Debré (Paris), Re.Na II A de Victor Vasarely
18 juillet : Centre d'hébergement d'urgence pour migrants (Ivry-sur-Seine), Oiseau avalant un poisson de Henri Gaudier-Brzeska
27 octobre : musée municipal des Capucins de Coulommiers (Seine et Marne), La Chatte et le Coq de Pablo Picasso
14 novembre : Espace Brassens (Mantes-la-Jolie), Fagots de Clarinettes, Arman
PROGRAMME DE LA JOURNÉE DU 5 DÉCEMBRE
GARE SNCF, ERMONT-EAUBONNE JEAN HÉLION, AU CYCLISTE, 1939
12H–19H : Accès libre à l'oeuvre
Adultes et enfants sont invités à participer à des visites actives et ludiques en lien avec l’oeuvre de Jean Hélion. À partir de 8 ans. Tout public
14H–14H45
15H-15H45: Deux présentations de l'oeuvre par Ariane Coulondre, conservatrice au musée national d'art moderne
JEAN HÉLION (1904 - 1987)
En 1939, Jean Hélion est un peintre réputé pour sa peinture aux formes géométriques stables. Cette année est un moment de basculement. En écho aux troubles de cette période et conscient des dévastations à venir, Hélion « détruit » son abstraction pour explorer un nouveau style avec des formes figurant la réalité. Composé de personnages et de rues, de cercles et de rectangles, Au Cycliste se situe à la croisée de cette nouvelle voie artistique. Un décor réaliste avec un espace en perspective, des personnages monumentaux et des formes géométriques en sont les éléments fondamentaux.
En effet, les protagonistes s’inscrivent dans une mise en scène qui souligne et met en équilibre la beauté des formes et le jeu des lignes. L’artiste explique que l’apparition des éléments de la réalité dans sa peinture en 1939 est directement issue de la géométrie : « […] une sphère devait maintenant resignifier une tête, un cylindre resignifier un bras, un rectangle rebâtir un mur […] ». Ainsi, l’artiste conçoit la figure humaine dans un espace épuré et immuable qui se divise en trois parties. Au sein de cette composition, il crée des jeux de mouvements complémentaires entre la femme statique, l’homme costumé, et le cycliste qui part vers la gauche. Trois parties, trois personnages, trois dynamiques s’équilibrent et forment un système harmonieux. Au centre, le mouvement vers l’avant de l’homme à la cigarette invite à s’attarder sur plusieurs modestes objets. Une allumette se consume par terre et une feuille est tombée de la plante. Rien n’est mis au hasard dans cette grande fresque de la vie. Les personnages ne sont pas de simples passants mais bien des héros de la vie moderne. À l’instar des traditionnelles natures mortes, les objets portent la symbolique du temps qui passe et de la mort, métaphore lourde de sens en cette année de déclaration de guerre.
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